Le premier miracle , il est tombé sur le meunier au moment ou il s'y attendait le moins.
Le meunier c'était le plus fainéant de tout Bethleem, sa femme était parti avec un espagnol, il refusait de moudre la farine. On été en décembre et les blés de la saison s'entassaient toujours dans son grenier ,les rats commençaient à s'y mettre , et le meunier il disait; Eh bien cocagne tiens.... et il passait sa journée à boire du pastis et la nuit pour que les ailes de son moulin ne le derangent pas il les attachait avec des cordes grosses commme des troncs d'arbres.
Vous me croirais si vous voulez, au moment ou le mistral c'est arreté et ou mes collégues on commençaient à chanter, le meunier il a eu comme l'envie de se sortir du lit . Il disait : Je sais pas ce qui me prend, mais il me semble que j'ai envie de travailler, si je le disais à quelqu'un d'autre, il voudrais pas me croire, je sais bien que ma femme est partie avec un espagnol mais ce blé si je le laisse moisir il sera perdu pour tout le monde.
Juste au moment ou je suis dans de bonne disposition le bon dieu il me coupe le vent.
Il se serait rendormi le meunier fatigué par l'effort d'imagination qu'il avait fait pendant la nuit, mais soudain il tendit l'oreille, les ailes de son moulin ligotés par des cables gros comme des troncs d'arbres , s'étaient mises à touner dans un ciel ou il ne soufflait pas la moindre brise. L e mistral ne soufflait plus et pourtant les ailes de son moulin continuait de touner et de moudre.
Et soudain le meunier a sauté de son lit et a enfillé ses brailles et il gesticullait et il se démenait et il disait::
" Ou il est ce divin petit?, qui a fait un miracle pour un grand fainéant comme moi, ou il est? ,que je lui demande pardon, mais regarde cette farine qui me donne,si fine ,si blanche, je vais lui en porter , un sac tout de suite , non non je vais lui en porter deux, non trois, un sous chaque bras et l'autre sur la tete,et je marcherai jusqu'a ce que je le trouve ce divin petit meme si le cou doit me rentrer dans les épaules.
Entre nous soit dit pour le bon dieu faire marcher un moulin meme sans mistral,c'est un jeu d'enfant, mais faire sortir du lit par une nuit glacial ce grand fainéant de meunier et lui faire parcourir la campagne avec un sac de 100 kg sur la tete et de 50kg sous chaque bras, c'est peut etre le plus grand miracle qu'il n'ai jamais fait.
La pastorale des santons de provence.
Yvan Audouard.
